CBC Radio host, Shelagh Rogers, is a long-time supporter of the Peter Gzowski Invitational (PGI) Golf Tournaments, and she has hosted several events here in Quebec. Peter Gzowski was a mentor and friend for Ms. Rogers, as she was a frequent guest host on his CBC Radio One program Morningside in the 1990s. She also followed in his footsteps by becoming a voice for literacy in the Canadian media. Even though Ms. Rogers won’t be joining us for the 2010 Quebec PGI, she had some inspiring observations about the event and kindly took the time to talk with us.
QELA: You’ve hosted the Quebec PGI several times, and you’ve also hosted other PGIs around Canada. What is different or unique about the Quebec PGI?
Shelagh Rogers: I think it’s the broad cultural and linguistic range that makes up Quebec. The diversity of people–and I mean diversity in all senses–at a Quebec PGI is unique. The last PGI I attended represented waves of immigration to Montreal.
QELA: And how is it similar to events in other provinces?
SR: The Quebec PGI shares the great camaraderie of the other tournaments across the country: people come together to play a game, listen to great music, hear a poem written that day about the day itself, and eat good food. All for a very important cause. Peter believed in the cause with all his heart. But he also loved to have fun. That spirit is very much with us.
QELA: You seem to be the perfect advocate for literacy in Canada – you love literature, you are open about your own learning challenges (I understand that you had dyslexia as a child) and you had a working relationship with the PGI founder, Peter Gzowski. What is Peter’s legacy to the literacy cause?
SR: I think there are two legacies. The first is that many lives have been changed for the better by the money raised through the PGI’s. The Learner’s stories are powerfully moving. And the Learner really is the most important legacy. The other is the way Peter shared his friends. My most enduring friendships are with people I met through the PGI’s. I am thankful for that on a daily basis.
QELA: How does a passion for books translate into a passion for literacy?
SR: Once I was able to read with some fluency, I found that opening a book was like stepping into a magical kingdom – someone else’s life, thoughts, story. I really feel that everyone should be able to experience that joy and that reading is one of our rights.
QELA: What do you think the literacy field needs to do to increase awareness about literacy?
SR: Get the stories of the learners out there. They are deeply compelling stories about perseverance and triumph over obstacles. Everyone can identify. I have seen grown men (and women) cry at the PGI banquets hearing Learners talk about what they faced before their literacy training and how their lives are now. Whether it was Tom, who worked behind the counter at Tim Hortons and is now on his way to managing that particular coffee shop; or Carole, who mistook Drano for Bromo Selzer and would have died had her daughter not intervened, then later became a poet at a PGI; to Dennis in Moncton, who lost his job at the pulp mill and is now a public speaker and literacy advocate.
QELA: How can the media and Canadian institutions like the CBC help?
SR: Not that I’m biased, but I do think the CBC does a good job at airing stories about literacy. But overall, the media can help by making sure there is time and space for these stories, and supporting literacy events across the country. When our citizens are literate, the media are challenged to do their best. And when our citizens are literate, our country is stronger.
Entrevue avec Shelagh Rogers
L’animatrice de la radio anglophone de la SRC, Shelagh Rogers, est une fervente habituée des tournois de golf sur invitation Peter Gzowski (PGI) et elle a organisé plusieurs volets québécois du tournoi. Pour Ms. Rogers, Peter Gzowski était un mentor et un ami, et ce dernier l’a souvent invitée à son émission radiophonique de la chaîne anglophone de la SRC Morningside dans les années 1990. Elle a également suivi ses traces en devenant une porte-parole pour la cause de l’alphabétisation dans les médias canadiens. Même si Ms. Rogers ne pourra se joindre à nous pour le volet québécois du PGI 2010, elle a pris le temps de nous parler afin de partager quelques observations sur l’événement qui sauront nous inspirer.
QELA : Vous avez organisé le volet québécois du PGI à plusieurs reprises et vous avez également organisé d’autres PGI ailleurs au Canada. Qu’est-ce qui est différent ou unique à propos des volets québécois du PGI?
Shelagh Rogers : Je crois que c’est son large éventail culturel et linguistique qui fait du Québec ce qu’il est. La diversité de la population – et je parle de la diversité dans tous les sens – qui participe aux volets québécois du PGI est unique. Le dernier volet québécois du PGI auquel j’ai assisté reflétait les vagues d’immigration qu’a connues Montréal. Ça ressemblait au Canada tant par ce que l’on pouvait voir que par ce que l’on pouvait entendre.
QELA : Et comment compareriez-vous le volet québécois du PGI aux volets des autres provinces canadiennes?
SR : Le volet québécois du PGI est empreint de la même camaraderie qui anime les tournois des autres provinces canadiennes : les gens se rassemblent pour jouer à un jeu, écouter de la bonne musique, entendre un poème écrit le jour même à propos de la journée même et déguster de la bonne nourriture. Et tout ça pour une très bonne cause. Peter croyait à cette cause de tout son cœur. Mais il aimait aussi avoir du plaisir. Et c’est ce même état d’esprit qui nous anime.
QELA : Vous semblez être le porte-parole parfait de la cause de l’alphabétisation au Canada – vous aimez la littérature, vous parlez ouvertement de vos propres défis d’apprentissage (à ce que je comprends, vous étiez dyslexique lorsque vous étiez enfant) et vous travailliez avec l’instigateur des PGI, Peter Gzowski. Qu’est-ce que Peter a légué à la cause de l’alphabétisation?
SR : Je crois qu’il nous légué deux choses. Tout d’abord, de nombreuses vies ont été changées pour le mieux grâce à l’argent amassé lors des PGI. Les histoires des apprenantes et des apprenants sont bouleversantes. Et ils sont le legs le plus précieux. Il y a ensuite cette façon qu’avait Peter de partager ses amis. Mes amitiés les plus durables sont avec des gens que j’ai rencontrés lors des PGI. Chaque jour, je rends grâce à Peter pour ces amitiés.
QELA : Comment une passion pour les livres devient-elle une passion pour la cause de l’alphabétisation?
SR : Dès le moment où j’ai su lire assez bien, j’ai réalisé que le fait d’ouvrir un livre était comme le fait d’entrer dans un royaume magique – la vie, les pensées, l’histoire de quelqu’un d’autre. Je crois vraiment que tout le monde devrait pouvoir ressentir ce plaisir et que la lecture est l’un de nos droits fondamentaux.
QELA : Selon vous, que devraient faire les personnes qui œuvrent en alphabétisation pour conscientiser la population?
SR : Publiciser les histoires des apprenantes et des apprenants. Ce sont des histoires bouleversantes de persévérance et de victoire sur les obstacles. Chaque personne peut s’identifier à ces histoires. Lors des banquets des PGI, j’ai vu des hommes (et des femmes) adultes pleurer en entendant les apprenantes et les apprenants parler de leur vie avant et après l’alphabétisation. Ce peut être Tom, qui travaillait derrière le comptoir d’un Tim Hortons et qui s’apprête à en devenir le gérant; ou Carole, qui n’a pas su faire la différence entre le Drano et le Bromo Selzer et qui serait morte sans l’intervention de sa fille, puis qui a ensuite lu de sa poésie lors d’un PGI; ou Dennis à Moncton, qui a perdu son emploi à l’usine de pâte à papier et qui est devenu un conférencier et un porte-parole de la cause de l’alphabétisation.
QELA : Comment les médias et les institutions canadiennes comme la SRC peuvent-elles aider?
SR : Je suis peut-être mauvais juge, vu mon travail, mais je trouve que la SRC fait du bon travail en mettant en ondes des histoires à propos de l’alphabétisation. Mais, de façon plus précise, les médias peuvent jouer un rôle en veillant à consacrer du temps et de l’espace à ces histoires et en appuyant les événements liés à l’alphabétisation un peu partout au Canada. Lorsque les citoyens ont un bon niveau d’alphabétisation, ils poussent les médias à faire de leur mieux. Et lorsque les citoyens ont un bon niveau d’alphabétisation, notre pays est plus fort.


